Mercredi 21 mai 2008
PARTIE 1 : l'IUFM et le sacro saint concours CAPE
Il y a quelques temps j'avais parlé de faire quelques billets d'humeur sur l'Education Nationale et le métier d'instit et ce soir ça y est je me lance. Je vais vous raconter les péripéties qui ont jalonné mes 13 ans de carrière (boudiou déjà 13 ans !!!). On va essayer de faire ça de manière chronologique en commençant par le gros pavé à digérer quand on veut faire le (soi-disant) plus beau métier du monde : l'IUFM. Alors d'entrée on est dans le bain (du mammouth) mais on ne le sait pas, on n'imagine absolument pas ce qui nous attend derrière les murs de ce sacro saint institut et surtout on n'imagine pas que ce n'est qu'un prélude à ce qu'il va falloir affronter après quand on se retrouve en poste !
Déjà dès le départ il y a plusieurs cas, ceux qui réussissent le concours pour rentrer en 1ere année et préparer le VRAI concours (non non vous n'avez pas la berlue maintenant il faut passer une sorte de concours pour pouvoir essayer de préparer le concours) et il y a ceux qui pour des raisons diverses (échec au préconcours ou licence obtenue en septembre, ou...) ne passent pas par cette première année IUFM et tentent donc le concours en candidats libres. Ceci dit le fait de passer par la 1ere année d'IUFM n'est pas forcément une plus value pour réussir le concours loin de là (vu comme on est préparé dans certains IUFM, mieux vaut se préparer tout seul !).
Bon je vous passe le résumé de cette première année horrible où on nous traite comme des débiles (je suis pas sûre que ça est changé en 13 ans) et où on nous fout la pression avec en permanence des chiffres du genre "Il y a 300 places et vous allez être 4500 inscrits, on prendra que les meilleurs et vous vous êtes nuls". Ben ouais c'est vrai qu'on est nul vu qu'on fait parti des 520 guignols qui ont été admis en 1ere année sur les 4000 qui ont passé le préconcours de sélection ! D'ailleurs on est tellement nul que quand on se rend compte qu'un maitre formateur en maths se plante en faisant une démonstration et qu'on lui fait remarqué qu'il doit y avoir une erreur (ben oui je sors d'une licence de maths alors c'est quand même un peu mon rayon) le type se fout en rogne et vous dit "dorénavant je vous dispense de venir à mes cours". Oulà désolée je savais pas qu'à l'IUFM fallait écouter religieusement les MAITRES et fermer sa gueule même quand le supposé maitre raconte que des conneries en confondant les théorèmes de géométrie et que du coup les pauvres étudiants (qui n'ont pas fait de maths depuis le lycée) vont raconter n'importe quoi le jour du concours s'ils ont un exo de géométrie ! Rien que là j'aurais dû me douter que dans l'Education Nationale le mot d'ordre est NE SURTOUT PAS FAIRE DE VAGUES !!! Et moi naïve et ignorante (je vous rassure je le suis plus après 13 ans de boîte) qui pensait que justement s'il y a un domaine où il faut se remettre en question et tirer leçon de ses erreurs c'est bien l'enseignement...et ben non prends toi ça dans la figure ma pauvre fille dans l'enseignement LE PROF (et le supérieur hiérarchique) A TOUJOURS RAISON (même quand on lui démontre qu'il a tort). Et après on ose nous rabattre les oreilles avec le statut de l'évaluation et de l'erreur, qu'elle n'est pas seulement normative mais qu'elle peut être aussi formative !
Enfin bref cette année de préparation de concours fut une horreur d'un point de vue physique mais surtout psychologique. Dieu merci je l'ai eu du premier coup ce p**ain de concours parce que sinon je crois que j'aurais jamais eu la force de le repasser. J'en suis sortie épuisée physiquement. Après la dernière épreuve j'ai dormi 34 heures d'affilée parait il (selon mes parents qui s'affolaient de ne pas pouvoir me réveiller). Mais j'en suis sortie aussi épuisée psychologiquement car à lépoque nous passions un oral professionnel qui était basé sur un dossier professionnel (ils aiment bien le mot professionnel à l'IUFM).
Et alors là faut que je vous raconte parce qu'un truc pareil on l'imagine pas si on ne le vit pas. Donc je passe des heures à monter ce dossier, je le remets au jury quelques jours avant les épreuves. Arrive le jour de l'oral où on doit préparer 3 questions en rapport avec notre dossier, on nous demande de présenter le dossier puis on a 2 questions en rapport avec notre dossier. Bref je prépare ça (2 ou3h pour préparer les réponses toute seule dans une salle et après on a 45mn d'entretien devant un jury) et me voilà propulsée devant le jury. Devant moi 3 personnes, une qui a l'air sympa (souriant le monsieur),une qui m'ignore totalement et une autre qui a pas l'air commode du tout. Enfin c'est pas le bon, la brute et le truand mais pas loin. J'ai appris après coup qu'il est fréquent dans un jury que chacun joue un rôle (le gentil, le méchant et celui qui s'em**rde). Je commence ma présentation, je réponds aux questions, tout va bien jusque là. Et puis je m'attends à ce qu'ils me posent d'autres questions en rapport avec mon dossier (j'avais imaginer plein de questions et donc les réponses dans ma tête) et là pas du tout ils partent sur un autre sujet. Je suis un peu surprise mais bon j'arrive à répondre sans problème alors tout va bien malgré que je sens que je chauffe (avec le trac je deviens comme une tomate). Je suis un peu gênée par l'attitude d'un type du jury qui baille, regarde par la fenêtre comme si ce que je racontais l'emmerdait sérieusement mais bon vaille que vaille j'essaie de pas trop y faire attention. Et là LE MECHANT entre scène avec une question sur le cours double. Je réponds que ça peut être une chance ou un handicap selon les élèves et je mets bien l'accent sur le fait qu'il est nécessaire que l'enseignant bétonne sa préparation et soit bien organisé et qu'il doit avoir de bonnes qualités de gestion et d'organisation. Là dessus il me demande "et vous sous seriez prête à accepter de prendre un cours double". Et là je me dis ouh là il me teste pour savoir si ça me fait peur un poste difficile et si je suis prête à assumer ça. Alors évidemment (je le veux ce concours à la noix) je lui réponds que oui je serais prête à enseigner en cours double. Et là il me démollit avec la phrase qui tue "Ah bon? Parce que vous estimez que vous avez des qualités vous ???". Arghhh j'ai cru que j'allais m'évanouir, je me suis sentie agressée, mise plus bas que terre. J'ai fait valoir mes arguments, j'ai répondu le mieux possible en me contrôlant (y avait quand même une petite fêlure dans la voix, normal j'avais la gorge tellement serrée). J'étais désespérée (j'avais peur de me mettre à pleurer) car je pensais que c'était foutu, j'avais juste envie de lui crier que c'était un sale con et lui mettre ma main sur la figure. Mes mains tremblaient tellement que je les ai planquées sous la table. Plusieurs questions très désagréables (mettant en cause mes compétences et ma personne) ont suivi, je me suis défendue comme j'ai pu. Et puis ouf après 1h de torture ils m'ont libérée. J'ai eu juste le temps de fermer la porte en disant "au revoir" en souriant (ça devait d'ailleurs plutôt ressembler à un rictus) avant de m'effondrer en larmes et de faire une crise de spasmophilie dans le couloir. 5 mn après m'a meilleure amie sort aussi de son oral avec le jury d'à côté et elle est super contente car son jury a été sympa et lui a posé plein de questions sur son dossier. Moi désespérée je lui dis que c'est foutu pour moi (c'était coef 3 l'oral pro) même avec mes bonnes notes ailleurs.
Résultat du concours la semaine suivante, et là surprise : ma copine échoue à cause d'un 7/20 en oral pro et moi je suis admise avec un...17/20 en oral pro !!! Nous avons appris par la suite que beaucoup de jurys avaient une stratégie bien établie : quand le dossier est un peu léger ils posent plein de questions pour approndir le sujet, quand le dossier est costaud ils cherchent à voir jusqu'où on arrive à résister avant de craquer psychologiquement. Contrairement à ce que je pensais je m'en étais bien sortie visiblement !
Il y a quelques temps j'avais parlé de faire quelques billets d'humeur sur l'Education Nationale et le métier d'instit et ce soir ça y est je me lance. Je vais vous raconter les péripéties qui ont jalonné mes 13 ans de carrière (boudiou déjà 13 ans !!!). On va essayer de faire ça de manière chronologique en commençant par le gros pavé à digérer quand on veut faire le (soi-disant) plus beau métier du monde : l'IUFM. Alors d'entrée on est dans le bain (du mammouth) mais on ne le sait pas, on n'imagine absolument pas ce qui nous attend derrière les murs de ce sacro saint institut et surtout on n'imagine pas que ce n'est qu'un prélude à ce qu'il va falloir affronter après quand on se retrouve en poste !
Déjà dès le départ il y a plusieurs cas, ceux qui réussissent le concours pour rentrer en 1ere année et préparer le VRAI concours (non non vous n'avez pas la berlue maintenant il faut passer une sorte de concours pour pouvoir essayer de préparer le concours) et il y a ceux qui pour des raisons diverses (échec au préconcours ou licence obtenue en septembre, ou...) ne passent pas par cette première année IUFM et tentent donc le concours en candidats libres. Ceci dit le fait de passer par la 1ere année d'IUFM n'est pas forcément une plus value pour réussir le concours loin de là (vu comme on est préparé dans certains IUFM, mieux vaut se préparer tout seul !).
Bon je vous passe le résumé de cette première année horrible où on nous traite comme des débiles (je suis pas sûre que ça est changé en 13 ans) et où on nous fout la pression avec en permanence des chiffres du genre "Il y a 300 places et vous allez être 4500 inscrits, on prendra que les meilleurs et vous vous êtes nuls". Ben ouais c'est vrai qu'on est nul vu qu'on fait parti des 520 guignols qui ont été admis en 1ere année sur les 4000 qui ont passé le préconcours de sélection ! D'ailleurs on est tellement nul que quand on se rend compte qu'un maitre formateur en maths se plante en faisant une démonstration et qu'on lui fait remarqué qu'il doit y avoir une erreur (ben oui je sors d'une licence de maths alors c'est quand même un peu mon rayon) le type se fout en rogne et vous dit "dorénavant je vous dispense de venir à mes cours". Oulà désolée je savais pas qu'à l'IUFM fallait écouter religieusement les MAITRES et fermer sa gueule même quand le supposé maitre raconte que des conneries en confondant les théorèmes de géométrie et que du coup les pauvres étudiants (qui n'ont pas fait de maths depuis le lycée) vont raconter n'importe quoi le jour du concours s'ils ont un exo de géométrie ! Rien que là j'aurais dû me douter que dans l'Education Nationale le mot d'ordre est NE SURTOUT PAS FAIRE DE VAGUES !!! Et moi naïve et ignorante (je vous rassure je le suis plus après 13 ans de boîte) qui pensait que justement s'il y a un domaine où il faut se remettre en question et tirer leçon de ses erreurs c'est bien l'enseignement...et ben non prends toi ça dans la figure ma pauvre fille dans l'enseignement LE PROF (et le supérieur hiérarchique) A TOUJOURS RAISON (même quand on lui démontre qu'il a tort). Et après on ose nous rabattre les oreilles avec le statut de l'évaluation et de l'erreur, qu'elle n'est pas seulement normative mais qu'elle peut être aussi formative !
Enfin bref cette année de préparation de concours fut une horreur d'un point de vue physique mais surtout psychologique. Dieu merci je l'ai eu du premier coup ce p**ain de concours parce que sinon je crois que j'aurais jamais eu la force de le repasser. J'en suis sortie épuisée physiquement. Après la dernière épreuve j'ai dormi 34 heures d'affilée parait il (selon mes parents qui s'affolaient de ne pas pouvoir me réveiller). Mais j'en suis sortie aussi épuisée psychologiquement car à lépoque nous passions un oral professionnel qui était basé sur un dossier professionnel (ils aiment bien le mot professionnel à l'IUFM).
Et alors là faut que je vous raconte parce qu'un truc pareil on l'imagine pas si on ne le vit pas. Donc je passe des heures à monter ce dossier, je le remets au jury quelques jours avant les épreuves. Arrive le jour de l'oral où on doit préparer 3 questions en rapport avec notre dossier, on nous demande de présenter le dossier puis on a 2 questions en rapport avec notre dossier. Bref je prépare ça (2 ou3h pour préparer les réponses toute seule dans une salle et après on a 45mn d'entretien devant un jury) et me voilà propulsée devant le jury. Devant moi 3 personnes, une qui a l'air sympa (souriant le monsieur),une qui m'ignore totalement et une autre qui a pas l'air commode du tout. Enfin c'est pas le bon, la brute et le truand mais pas loin. J'ai appris après coup qu'il est fréquent dans un jury que chacun joue un rôle (le gentil, le méchant et celui qui s'em**rde). Je commence ma présentation, je réponds aux questions, tout va bien jusque là. Et puis je m'attends à ce qu'ils me posent d'autres questions en rapport avec mon dossier (j'avais imaginer plein de questions et donc les réponses dans ma tête) et là pas du tout ils partent sur un autre sujet. Je suis un peu surprise mais bon j'arrive à répondre sans problème alors tout va bien malgré que je sens que je chauffe (avec le trac je deviens comme une tomate). Je suis un peu gênée par l'attitude d'un type du jury qui baille, regarde par la fenêtre comme si ce que je racontais l'emmerdait sérieusement mais bon vaille que vaille j'essaie de pas trop y faire attention. Et là LE MECHANT entre scène avec une question sur le cours double. Je réponds que ça peut être une chance ou un handicap selon les élèves et je mets bien l'accent sur le fait qu'il est nécessaire que l'enseignant bétonne sa préparation et soit bien organisé et qu'il doit avoir de bonnes qualités de gestion et d'organisation. Là dessus il me demande "et vous sous seriez prête à accepter de prendre un cours double". Et là je me dis ouh là il me teste pour savoir si ça me fait peur un poste difficile et si je suis prête à assumer ça. Alors évidemment (je le veux ce concours à la noix) je lui réponds que oui je serais prête à enseigner en cours double. Et là il me démollit avec la phrase qui tue "Ah bon? Parce que vous estimez que vous avez des qualités vous ???". Arghhh j'ai cru que j'allais m'évanouir, je me suis sentie agressée, mise plus bas que terre. J'ai fait valoir mes arguments, j'ai répondu le mieux possible en me contrôlant (y avait quand même une petite fêlure dans la voix, normal j'avais la gorge tellement serrée). J'étais désespérée (j'avais peur de me mettre à pleurer) car je pensais que c'était foutu, j'avais juste envie de lui crier que c'était un sale con et lui mettre ma main sur la figure. Mes mains tremblaient tellement que je les ai planquées sous la table. Plusieurs questions très désagréables (mettant en cause mes compétences et ma personne) ont suivi, je me suis défendue comme j'ai pu. Et puis ouf après 1h de torture ils m'ont libérée. J'ai eu juste le temps de fermer la porte en disant "au revoir" en souriant (ça devait d'ailleurs plutôt ressembler à un rictus) avant de m'effondrer en larmes et de faire une crise de spasmophilie dans le couloir. 5 mn après m'a meilleure amie sort aussi de son oral avec le jury d'à côté et elle est super contente car son jury a été sympa et lui a posé plein de questions sur son dossier. Moi désespérée je lui dis que c'est foutu pour moi (c'était coef 3 l'oral pro) même avec mes bonnes notes ailleurs.
Résultat du concours la semaine suivante, et là surprise : ma copine échoue à cause d'un 7/20 en oral pro et moi je suis admise avec un...17/20 en oral pro !!! Nous avons appris par la suite que beaucoup de jurys avaient une stratégie bien établie : quand le dossier est un peu léger ils posent plein de questions pour approndir le sujet, quand le dossier est costaud ils cherchent à voir jusqu'où on arrive à résister avant de craquer psychologiquement. Contrairement à ce que je pensais je m'en étais bien sortie visiblement !
par MarieS
publié dans :
Boulot
communauté :
Femmes au Foyer en Tête
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Bon d'accord c'est pas terrible mais bon entre le scanner qui marche plus que par
l'intermédiaire de Twain (il est passé où mon HP Image Zone???) les outils pas terribles de Paint et mon niveau dessin pas terrible non plus...et ben on fait ce qu'on peut !


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